Hello everybody, c’est vendredi Commençons par une définition, celle de la dysmorphophobie : trouble de l’image de soi, de la relation à son propre corps. Crainte obsédante d’être laid ou malformé.

Voilà, tout est dit ! Je pourrais m’arrêter là et vous laisser cogiter dans votre coin… « nan, je ne suis pas laide ! », « je me sens super bien dans ma peau ! », « tout chez moi n’est qu’harmonie… ». MENTEUSES !!

Mon statut de quarantenaire (eh ! petite quarantaine, hein ?) me donne un certain recul sur des situations particulières.

Mais je reviens à mon propos liminaire. J’ai le grand honneur d’être conviée par mes futures mariées à leurs essayages, en quête de LA robe, celle dont elles ont rêvé, encore gamines, en habillant leurs poupées. Moi, c’était Barbie mais chez les filles de 20 ans, elle existait encore celle-là ! Justement, un corps de rêve, cellulite néant, sein qui pointe et chevelure abondante… Bref, je m’égare.

Donc, mon oeil d’experte (oh oui, encooooooore…) est souvent sollicité pour donner un avis critique, loin des vendeuses qui s’extasient la plupart du temps sur tous les modèles. Sauf que « mes » filles, je les connais un peu et toutes ne sont que défauts. Allez, petite liste, le top 10 des plaintes :
– je suis grosse
– on ne voit que mes hanches
– j’ai trop (ou pas assez) de seins
– le gras du bras ressort
– je n’ai pas de taille (ça veut dire qu’elle trouve que sa taille n’est pas marquée, NDLR)
– je n’ai pas de cou (si en fait, mais elle le trouve trop court, NDLR)
– j’ai la peau trop blanche
– ça me grossit
– j’ai l’impression de faire du 60
– j’ai un ventre de femme enceinte

Je pourrais continuer la liste mais je suis sûre que vous vous êtes reconnues, non ? Allez, avouez !

Donc, comment trouver une robe quand on est aussi moche ? Nous voilà parties pour le parcours du combattant. Les catalogues regorgeant de filles plastiquement parfaites : 1m70 au bas mot, 50 kg avec la robe, le cheveu brillant, un teint de porcelaine… qui rendent même certains modèles ridicules franchement pas mal.

« Je ne veux pas de fourreau/paillettes/brillant/couleur(s)… ». Et la phrase, THE phrase ULTIME : « je ne veux pas ressembler à une meringue » !!! Mais d’où vient cette phobie ?? Des années 80 ? La robe blanche, brillante, un kilomètre de traîne, des manches bouffantes et incrustées de (faux) diamants (même pas des strass Swarovski à l’époque… pfff). Mais elles ne sont plus comme ça les robes des années 2000 !!!

Une fois que vous êtes prévenue qu’il y a des modèles à bannir, vous pouvez pousser la porte de la boutique.
Et c’est là qu’elles sont bien « mes » filles ! Elles choisissent des robes qu’elles ont vues sur catalogue ou sur internet et commencent les essayages… Quand c’est la 1ère fois, il y a toujours un peu de magie (comme toutes les 1ères fois, hein ?) et même si ce n’est pas la bonne, c’est UNE robe de mariée…
Après plusieurs modèles, le style s’affine. Quand la vendeuse est compétente, elle propose des robes qui se rapprochent de plus en plus des goûts de la jeune fille.
Et puis, « ma » mariée sort de la cabine, se regarde, ses yeux croisent les miens, en quête d’une approbation… « elle est belle, hein ? ». Non, elle n’est pas belle, tu es belle et elle te va divinement bien.

Trouver LA robe, à chaque fois, est un grand moment d’émotion. Pas de larmes mais de grands sourires. Elles tournent, retournent, regardent tous les angles. Les hanches marquées ont disparu, les seins sont mis en valeur, la taille est affinée… Elles se projettent, pense à LUI, à ce qu’il va dire…

Oh, j’ai fait long aujourd’hui ! Et pourtant, la seule chose que je voulais vous dire, mesdemoiselles, c’est que même pas maquillée, le dimanche matin, dans un jogging improbable, il vous aime, non ? Il les aime ces défauts qui vous obsèdent et le Jour J, il vous trouvera encore plus sublime, une princesse, sa princesse…

Je vais finir par une confidence. Moi aussi, je souffre de la même pathologie que vous. Je suis énoooooooooooorme. C’est pour ça que je vous comprends ! 😉